Apple donnera plus d’indépendance à sa Watch… dans cinq mois

Apple prépare un nouveau grand pas en avant pour libérer la Watch de son iPhone. Le géant de Cupertino annonçait ainsi hier, 16 novembre, aux développeurs qu’ils ont jusqu’au 1er

avril 2018 pour effectuer les ajustements nécessaires afin de rendre leurs applications natives sur watchOS, à savoir qu’elles fonctionnent sans tourner sur l’iPhone. Depuis le 1er juin 2017, Apple exigeait déjà que les nouvelles applications soient natives.

Pour mémoire, avant watchOS 2, les applications de l’Apple Watch n’étaient que des extensions des versions iPhone. Avec ce choix, Apple garantissait un travail minimum aux développeurs et les incitait à vite arriver sur la plate-forme, quitte à produire des versions lentes et mal optimisées.
Nouvelle plate-forme oblige, Apple avait grand intérêt à préférer la présence d’un maximum de développeurs à celle d’un petit nombre d’applications de qualité. D’autant que la Watch des origines n’avait pas forcément la puissance nécessaire pour faire tourner beaucoup plus qu’une extension.
Trois ans plus tard, avec la Series 2 et surtout la Series 3, l’Apple Watch est bien plus puissante. La firme de Cupertino a donc décidé que toute mise à jour d’une application Apple Watch ne la rendant pas native sera refusée.Au-delà de la question des performances qu’offriront les premières Apple Watch, une interrogation émerge, est-ce un signe du début de la maturité pour watchOS ?

Native ou rien

En mai, la disparition d’applications de grands développeurs comme Google Maps, Amazon ou eBay avait inquiété les propriétaires d’Apple Watch. Présents depuis le lancement de l’appareil, ces géants avaient préféré s’enfuir discrètement de la plate-forme, qui ne leur convenait pas réellement. Il faut dire que pour faire ses courses, les écrans 38mm et 42mm de la montre d’Apple ne sont pas les plus adéquats.
En ce qui concerne Google Maps, la décision peut surprendre tant l’application native Apple Plans peut s’avérer pratique pour ses utilisateurs. Peut-être que Google a jugé la concurrence déloyale et a préféré se retirer de watchOS.

En forçant les développeurs à proposer des apps natives, Apple prend le risque de forcer d’autres développeurs à prendre la porte. Mais au fur et à mesure des générations, l’Apple Watch a gagné en puissance, permettant à la montre connectée de gagner en ampleur et en usages.
Pour Apple, il est désormais temps de préférer des applications de qualité, profitant des différentes options offertes par le SDK comme la possibilité de fonctionner en arrière-plan ou de proposer de contrôles rapides directement en levant le poignet.
L’arrivée de la 4G, et donc de la possibilité de fonctionner sans connexion à l’iPhone, est également l’opportunité pour les développeurs de proposer des applications vraiment autonomes. Autre nouveauté annoncée par Apple hier : les applications Watch peuvent désormais peser au maximum 75 Mo. Jusqu’à présent le plafond était de 50Mo. C’est une faible augmentation, mais elle offre plus de flexibilité aux développeurs.

Apple, numéro 1 des bracelets connectés

Derrière cette date imposée aux développeurs, Apple dévoile peut-être qu’il a enfin confiance en sa montre. Selon l’institut Canalys, ce sont 3,9 millions d’Apple Watch qu’aurait vendu Apple au troisième trimestre 2017, soit son record depuis le lancement de la montre en avril 2015. Avec un tel score, Apple occuperait désormais 23% du marché et devancerait Xiaomi (21%) et Fitbit (20%), dont les produits sont généralement plus des bracelets traqueurs d’activité que des montres connectées haut de gamme.

Canalys – Tous les 7 iPhone, Apple vend 1 Apple Watch

Selon cette même étude, Apple réussirait à commercialiser une Apple Watch tous les sept iPhone vendus. C’est beaucoup mieux que son principal rival, Samsung, dont le stock de Gear se videraient d’une montre pour 23 Galaxy haut de gamme.
Lors des derniers résultats financiers, Tim Cook se félicitait de proposer la montre connectée la plus vendue au monde avec une grande avance sur la concurrence. Le PDG d’Apple indiquait que l’arrivée des nouveaux modèles avait permis un boom des ventes de 50% par rapport au trimestre précédent. De quoi rendre Apple confiant dans sa transition vers des applications seulement natives ? La prochaine étape consisterait à publier des chiffres de ventes officiels pour l’Apple Watch, chose qu’Apple a pour l’heure toujours refusé de faire.